Un pappus veut s’envoler

Ce dimanche matin, je suis allé me promener dans une forêt. C'est un tout petit bout de forêt, en réalité. À peine 400 mètres de long, pour une centaine de large. On en fait vite le tour. N'empêche, c'est un espace où poussent des arbres et où vivent toutes sortes de bestioles. Comme un vrai fou furieux, je me suis accroupi et j'ai composé ce haiku:

À l'ombre des arbres
Un pappus s'envole au loin -
Brise de printemps

[Il faut cliquer sur les photos pour les voir en grand.]

En vérité, je mens. Je n'ai point composé ce haiku à genou, car je ne connaissais pas l'existence même du mot pappus. Je me suis néanmoins agenouillé pour prendre en photo ce pissenlit duquel un pappus se désolidarise du reste de la fleur. Un pappus, c'est donc un autre mot pour dire "le petit bidule qui se détache du pissenlit sur la dernière photo". On peut aussi dire "aigrette", ce que je trouve plus léger mais moins pompeux d'un mot latinisant. J'ai appris cela en lisant l'article de Wikipédia. J'ai également trouvé une autre chose fort intéressante, même si je ne suis pas sûr d'avoir bien tout compris. Je mets en gras ce qui m'a paru bien étonnant.

L'observation des akènes dans une soufflerie verticale a permis d'identifier un phénomène de mécanique des fluides original concernant l'aigrette du pissenlit. Ce pappus poreux contient de 90 à 110 filaments (en dehors de cette plage, le phénomène ne s'observe pas). Sa géométrie et la répartition des filaments créent une bulle d'air stable en forme de vortex toroïdal (en) (vortex en forme d'anneau comme le rond de fumée de cigarette) détaché du corps de la graine. Cette bulle forme une zone de basse pression qui tire l'akène vers le haut et lui permet de profiter de courants ascendants pour être disséminé sur des distances pouvant atteindre facilement 10 km. Si les courants aériens sont favorables, le pappus permet une dispersion transocéanique des graines par le vent, ce qui favorise la spéciation allopatrique.

Cela mérite réflexion, n'est-il point?