Je trouve ça tellement stylé de commencer un billet de blog avec une citation sur la forêt que je vais même préciser son auteur. C'est Gaston Bachelard, et ces deux phrases peuvent être lues dans "La Poétique de l'espace" de 1957. Dingue, non ?
Cela dit, c'est quand la forêt n'est pas rangée que je m'y sens le plus chez moi. C'est peut-être qu'au fond, elle ressemblerait presque à l'état de mon bureau (i.e. un empilement désordonné de feuilles, de mousse et de trucs qui pourrissent). Mais ce n'est pas tous les jours que j'ai le privilège de sortir de chez moi, marcher à peine plus d'un kilomètre et me retrouver en pleine Amazonie. Enfin, plutôt quelque chose qui m'y fait vaguement penser, les jaguars en moins (entre autres).
Bon, c'est tout à fait vrai que le courant de ce petit ruisseau n'est pas comparable au débit de l'Amazone, mais il était super profond, par endroit, car j'ai même mouillé le bas de mes shorts quand je m'y suis promené.
(Fact checking: là encore, ce n'est pas tout à fait comparable à l'Amazone. Quelques chiffres à propos de l'Amazone selon Wikipédia, qui est l'une des encyclopédies les plus fiables du monde:
Longueur: 7025 km.
Débit moyen entre 1973 et 1990: 209 000 m3/s.
Quant à sa profondeur... hmmm. C'est tout de même impressionnant. Il y a par endroit 80 m de profondeur, ce qui situe le fond du fleuve sous le niveau de la mer. Pourtant, le débit demeure tout à fait important, et pour cause: le fleuve ne coule pas à cause de la pente, mais bien à cause de son propre poids.
Fin de la parenthèse.)
Une chose qui m'a plu, c'est que la forêt semblait elle-même se poser beaucoup de question.
Une autre chose qui m'a beaucoup plu, mais dont je n'ai point réussi à faire une photo satisfaisante (cf. ci-contre), c'est que la vie y est tellement vigousse qu'un sapin déjà un peu vieux pousse sur un tronc déraciné. Ainsi, vraiment, personne n'a rangé ce bout de forêt depuis bien des années.
Une autre photo qui aurait pu être mieux réussie est celle du coucher de soleil fort chatoyant. Je me suis hâté dehors et je n'ai pu capturer que les restes de nuages disloqués après la fête. Et ainsi, je termine ce billet.




