À mon camarade piéton
Hier soir en rentrant chez moi, j'ai trouvé dans ma boîte aux lettres une nouvelle que je redoutais depuis quelques temps : deux "retours à l'expéditeur" qui me revenaient de Paris. Deux lettres que j'avais adressées à mon cher Thierry, un ami piéton, un compagnon d'âme. Treize années de correspondance, et une poignée de rencontres, la première à Manakara à l'est de Madagascar, les suivantes à Paris. D'ailleurs, quelques photos de notre dernière flânerie parisienne, en février 2024. Je n'aime pas 

Hier soir en rentrant chez moi, j'ai trouvé dans ma boîte aux lettres une nouvelle que je redoutais depuis quelques temps : deux "retours à l'expéditeur" qui me revenaient de Paris. Deux lettres que j'avais adressées à mon cher Thierry, un ami piéton, un compagnon d'âme, un mentor artistique. En quelques clics (bien trop peu pour laisser à l'âme le temps qu'il convient pour appréhender cette nouvelle réalité), je suis tombé sur son avis de décès, survenu en novembre 2024. Treize années de correspondance, et une poignée de rencontres. La première à Manakara, à l'est de Madagascar, les suivantes à Paris. D'ailleurs, quelques photos de notre dernière flânerie parisienne, en février 2024. Je n'aime pas spécialement les grandes villes, mais me balader avec Thierry ressemblait de toute manière plus à un poème qu'à quoi que ce soit d'autre. À Paris comme ailleurs, je crois qu'il avait le don d'inviter la poésie sous ses pieds.

Ami piéton,
Comment sont les chemins, là où tu te trouves ?
Ton départ était prévu de longue date, assurément, et je sais que tu n'étais certainement pas du genre à craindre les voyages. Aussi, même si mon cœur se serre et si mes yeux se mouillent, je te souhaite bon vent et prends congé en compagnie de Fernando Sabino, si tu le veux bien.

De tout, il restera trois choses :
la certitude que tout était en train de commencer,
la certitude qu'il fallait continuer,
la certitude que cela serait interrompu avant que d'être terminé.
Faire de l'interruption, un nouveau chemin,
faire de la chute, un pas de danse,
faire de la peur, un escalier,
du rêve, un pont,
de la recherche ...
une rencontre.


(Fernando Sabino)

Merci, ami piéton, merci d'avoir ensoleillé un bout de ma propre route. Tu prends un peu d'avance, mais je te rejoindrai tôt ou tard de toute manière.
Kenavo dit, Thierry, et salue le firmament de ma part.